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 "What the fuck ?!" [Suzaku | Demi-Lune]

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Shiori & Suzuki Suo

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Messages Messages : 22 Date d'inscription Date d'inscription : 13/11/2011

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MessageSujet: "What the fuck ?!" [Suzaku | Demi-Lune]   Jeu 17 Nov - 23:16




What the fuck ?!


J’observai mon bulletin de notes. Elles étaient plutôt bonnes. Enfin, c’était correct, quoi. Notre prof principale m’avait semblée agacée quand elle me l’avait remis. Elle n’avait pas manqué de remarqué que j’en foutais pas une ou presque, et elle n’aimait pas que je puisse m’en sortir aussi bien sans travailler un minimum. Enfin bon, j’étais attentif en classe, hein… Je prenais en note à peu près la moitié de ce que j’entendais dans la moitié des matières. Oh, j’étais loin d’être un quelconque génie ou un surdoué. Non, j’avais simplement une mémoire qui me permettait de glander. Et je ne faisais aussi que les devoirs notés. Au dernier contrôle de math, ma calculette s’était shootée et m’avais donné une série de résultats faux. J’aime autant vous dire que calculer la dérivée de la fonction f en x=2 avec une calculatrice qui vous plante au poteau, c’est pas simple. Alors j’avais tout fais sur papier, à la main. Résultat, j’y avais passé trois plombes et j’avais fais qu’un seul des deux exercices. Résultat ? 12/20. J’estimais que ça le faisait bien. Après, il y avait un petit problème. Je devais faire signer mon bulletin à mes parents ou mon tuteur légal. En fait n’importe quelle personne majeur se portant garante de moi pouvait faire l’affaire. Et il n’y en avait qu’une seule à l’horizon. Et oui. Kyo. Je parais qu’il n’accepterait qu’en échange d’un paiement en nature - et qu’il se foutrait bien de ma gueule avant d’en venir là. C’était ça ou parler de ma non-situation familiale à cette femme qui me servait de professeure principale. Honnêtement, je n’hésitais pas trop, là.

Je baillai. Allongé assez négligemment sur mon lit, un bras tombant dans le vide et l’autre fatigué de maintenir la feuille au dessus de ma tête, je m’ennuyais à mourir. Même le lycée ne représentait pour moi ni une source d’inquiétude, ni de travail, et encore moins d’intérêt. Je me faisais chier dans la vie. Les seuls moments intéressants étaient ceux que je passais avec Kyo, quoiqu’on fasse lui et moi. Parce que OUI, ça nous arrivait de juste passer du temps à déconner ou même simplement à parler de choses et d’autres. Seulement on passait pas tout notre temps collés l’un à l’autre, vous voyez ? Et d’ailleurs, on se voyait même assez rarement. Trois quatre fois pas mois. Le reste du temps, je me faisais tout simplement chier à longueur de journée, que je sois en cours, en train de trainer je ne sais où ou chez moi. Même quand je sors, je m’emmerde. Même quand je m’arrange avec un videur pour entrer dans une des boîtes miteuses de Shinjuku, je m’emmerde. Même quand je couche avec un parfait inconnu avant de récupérer mes fringues et de m’enfuir comme je suis arrivé en profitant de son sommeil… Non, ça en fait c’est assez excitant.

Bref. Je me levai enfin de mon lit, quittai cette espèce d’état larvaire pour aller m’asseoir à mon bureau. Je relis ce que j’avais écrit les jours précédents dans mon journal. Pas grand-chose, en fait. Il n’y avait rien de plus récent que cette ligne qui datait du mois dernier. Voilà ou j’en étais, quoi. Mais normalement ça allait changer à partir d’aujourd’hui. Si tout se passait bien. J’explique. Il y avait quelques jours, j’avais décidé de foutre un coup de pied au cul du destin et j’avais cherché un labo photo pas trop loin de chez moi. Il y en avait un à Shinjuku, Asuka’s Photography. Je trouvais le nom plutôt douteux mais l’enseigne claquait, alors j’étais entré. Le gérant, un mec sympa de prime abord, m’avait accueillit normalement. Je veux dire, sans me prendre de haut parce que j’ai 18 ans et que ça se voit. Donc, je lui ai demandé s’il savait où et comment je pouvais trouver des cours de photos. Oui, ça m’était plus ou moins venu comme ça. J’sais pas, un jour je m’étais levé et j’avais regardé l’un de mes cadeaux d’anniversaire les plus incongrus - en l’occurrence un reflex numérique - et je m’étais alors fais la réflexion que ce serait con de pas l’utiliser. Puis de l’utiliser sans savoir s’en servir. Depuis un petit moment je remettais sur mon compte tout les mois l’argent dont je ne servais pas pour la bouffe, les et les factures - assez minimes, en fait. Du reste, je n’étais vraiment pas quelqu’un de dépensier, ce qui faisait que je devais avoir largement de quoi m’offrir ces fameux cours soit, le cas échéant, une nouvelle télé - parce que l’actuelle était légèrement archaïque et menaçait de claquer dès que je changeais de chaine. Le choix serait vite fait, je ne comptais pas vraiment crapahuter dans tout Tokyo si Asuka’s ne pouvait rien pour moi. Bref. Hier, le gérant - auquel j’avais laissé mon portable - m’avais appelé en me disant de revenir aujourd’hui même, et que si tout se passait bien mon affaire serait conclue. D’après lui, un photographe de talent assez impressionnant acceptait de me prendre comme élève. A vrai dire l’idée ne m’enchantait pas, j’aurais préféré quelqu’un d’un peu moins génial, avec d’autres élèves, un vrai professeur, quoi, qui ne risquerait pas de s’énerver de ma totale incompétence. En fait, j’étais assez doué pour voir que jusque là, je ne l’étais pas, ce qui en soit n’était pas si mal… pour un novice en la matière. Enfin, pas question de cracher dans la soupe.

Seulement le temps passait à une lenteur… Ca faisait une demi-heure qu’il ne restait que 10 minutes avant de devoir partir pour chopper mon train. Je n’avais jamais eut une bonne estimation temporelle. Mais là je n’en pouvais plus. Je sautai de ma chaise, choppai les clés, sortait, fermai et marchai vers la gare.

Une fois à Shinjuku… Et biens je me perdis en cherchant la bonne rue. J’avais récupéré une carte de visite munie d’un plan gribouillé d’une façon illisible et je mis un bon moment avant de trouver enfin la boutique. Et malgré le temps que j’avais passé à tourner en rond, j’avais une avance ridiculement grande d’environ trois quart d’heure. Je m’installai donc sur une barrière sensée à la base empêcher les piétons de traverser n’importe comment, et tachai de prendre mon mal en patience. Régulièrement je regardais l’heure sur mon portable, elle avançait petit à petit.

Non, en fait j’allais bouger. Sautant de la barrière, j’évaluai la direction qui semblait la plus sympa et partis par là. Les rues de Shinjuku de jour et de nuit, ça n’avait rien à voir. Je venais souvent ici, mais seulement quand la lune était seule maitresse du ciel. Et quand c’était au tour du soleil de régner, j’avais l’impression de ne pas être dans mon élément. La nuit était à la débauche, un domaine que je maîtrisais déjà plus, bien que prétendre que je passais mon temps à courir à droite à gauche aurait été un fieffé mensonge. Je déambulais dans les rues, trainais dans les coins que je connaissais, revins vers la gare sans vraiment y penser…

C’est alors qu’un sale con me rentra dedans. Enfin, il se contenta de me bousculer, mais l’idée était là. Il était grand, plus grand que moi, tirait une tête de six pieds de long, arborait des cheveux d’un bleu surnaturel, et surtout laissait une cicatrice en grand X zébrer son visage. Du reste il était plutôt sacrément bien foutu, mais je refusais de lui faire l’honneur d’y penser.


    - Tss, tu pourrais regarder où tu marches !


Oh putain j’allais me le faire !

    - Excuse moi, c’est toi qui parles, M.XY ?!


Oui, j'avais la sale manie de ne pas utiliser les marques de respects. Mais ç'aurait été légèrement hypocrite dans cette situation, non ? En fait j’allais passer mon chemin. Cette petite répartie bien sentie me satisfaisait et surtout, ce mec, M.XY, il avait vaguement l’air du genre à vous rentrer dedans si vous le cherchez un peu trop. Moi aussi, mais lui il était plus grand et plus baraqué, alors voilà. Tsss… Finalement j’allais attendre patiemment devant le labo photo, comme ça au moins je ne risquais plus de tomber sur des psychopathes en liberté. Je revins plus ou moins sur mes pas et retombai sur la boutique comme un chat sur ses pattes. Tant mieux. C’était presque l’heure, aussi, je décidai d’entrer.

    - Ah ! Tu es… Mikanagi-kun, c’est ça ? Bien le bonjour
    - C’est bien ça, oui


La clochette de la porte tinta derrière moi.

    - Tiens, voilà ton profésseur !


Curieux, je me retournais mollement, mais…





Dernière édition par Tôya Mikanagi le Sam 3 Déc - 22:36, édité 2 fois
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Aoi Rokuro

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MessageSujet: Re: "What the fuck ?!" [Suzaku | Demi-Lune]   Lun 21 Nov - 12:36

Il était déjà quatre heures du matin lorsque Suzaku était enfin rentré chez lui ce jour là. Sortie nocturne oblige, il était monté sur le toit d'un grand immeuble de Shinjuku pour prendre des photographies de la ville de Tokyo. La lune montante offrait un joli visuel et il en profitait bien. Restant pour le moment sur Tokyo, il avait prévu de partir bientôt pour quelques jours à la campagne avoisinante, dans un petit temple qui appartenait à son père. Celui-ci avait conservé cet endroit tout exprès en songeant à son fils, aux inconvénient qu'apportaient sa véritable nature. Parce qu'il est un démon, la pleine lune à une grande influence sur lui, elle le pousse dans les vices du désir charnel sans qu'il ne puisse les contrôler. Son père démon n'avait plus l'utilité de ce temple depuis qu'il avait trouvé son âme soeur, mais sachant qu'il aurait un jour des enfants avec son amant, il avait tenu à garder ce lieu au sein de sa famille pour qu'il constitue un refuge idéal. Le nid d'un oiseau solitaire.

L'avantage de devoir aller à ce temple était que ce dernier se situait près d'un lac, dans un coin isolé par une forêt d'un côté et des rizières de l'autre. C'était l'endroit rêvé pour un photographe, il y avait une infinité de possibilité de prise de vue et de nuit, la pleine lune qui se reflète sur l'eau du lac endormi était vraiment la plus belle de toutes les vues. Et Suzaku n'était pas vraiment pressé de trouver son âme soeur, il était déjà bien assez sceptique sur le fait est qu'il soit possible de tomber amoureux dès la première rencontre. Mais soit disant que c'est dans sa nature. Ceci dit, il n'a encore jamais ressenti ce "coup de foudre", ce qui le confortait dans son idée. Rangeant soigneusement ses affaires, il avait pris une douche rapide avant d'aller se coucher. Il fallait qu'il soit bien reposé, dans la journée, il fallait qu'il se rende au laboratoire de photographie sur Shinjuku, Asuka's Photography, pour y retirer les clichés qu'il avait apporté trois jours plutôt. Et en plus de cela, il devait y rencontrer quelqu'un...

Plus tôt dans la journée, avant qu'il ne parte faire le tour de Tokyo en quête d'un bon point d'observation, le téléphone dans sa poche s'était mis à vibré et machinalement, il l'avait sortis. C'était le gérant de la boutique Asuka qui essayait de la contacter. Pensant qu'il venait lui annoncer que ses photos étaient déjà prêtes, il n'avait pas hésité à décrocher et c'était retrouvé dans une tout autre discussion de ce à quoi il s'attendait.
« Suzaku-kun, j'ai eu la visite d'un jeune homme peu après ta venue il y a quelques jours et il cherche quelqu'un pour lui enseigner la photographie. J'ai tout de suite pensé à toi. Penses-tu qu'il serait possible que tu le prennes comme élève ? »
Suzaku avait alors poussé un profond soupir. Pas vraiment du genre sociable, cette situation n'était pas vraiment pour l'enchanter, et puis au vu des heures où il sort pour faire ses photographies, il doutait que cela puisse convenir à un adolescent encore en âge d'aller au lycée.
« Je ne suis pas certain d'être très qualifié pour jouer les professeurs. »
« Je t'en prie, Suzaku-kun, cette histoire pourrait me rapporter un nouveau client. Ne t'en fais pas, je te rémunérerai comme il se doit en échange ! »
Nouveau soupir.
« Bon, c'est bien parce que c'est vous qui me le demandez... »
« Merci beaucoup ! Je vais le prévenir de ce pas et vous fixer un jour de rencontre. Demain, tu es libre ? »
Et donc voilà où il en était. Lui, prêt à donner des cours à quelqu'un. C'en était presque risible.

Après une bonne nuit – façon de parler – de sommeil, Suzaku était donc en train de se préparer pour sortir. Il ne pouvait plus qu'espérer une chose : que ce gamin qu'il allait prendre sous son aile – métaphoriquement parlant – ne serait pas un casse-pieds de première. Parce qu'il était clair que dans ce cas-là, il mettrait fin au contrat virtuel que le lie au gérant et à l'espoir qu'il a donné à l'adolescent. Ceci dit, quand bien même il ne se retrouvait pas face à un idiot ou un débile complet qui pense que la photographie est à la portée de tout le monde, il ne savait pas encore exactement ce qu'il allait bien pouvoir faire. Comme il l'avait dit au gérant d'Asuka, il n'était pas certain de faire un très bon professeur, tout d'abord parce que dans un premier temps, le démon avait rarement de contacts sociaux et donc de ce fait, il ne savait pas vraiment comment il allait devoir se comporter avec son cadet. Enfin bon, certainement qu'il le verrait le moment venu.

Ainsi donc était-il sorti un peu plus tôt qu'à son habitude et se rendait à la station de métro la plus proche de chez lui, direction Shinjuku. Se trouvant lui-même dans l'arrondissement juste à côté - à savoir Shibuya - il ne fallut pas beaucoup de temps à Suzaku pour se retrouver dans le coeur même de Tokyo. Et puis, connaissant le chemin par coeur il serait vite arrivé à la boutique si en chemin on ne l'avait pas bousculé. « Tss, tu pourrais regarder où tu marches ! » C'est détestable les gens qui ne regardent pas où ils vont. D'autant plus ceux qui se permettent en prime de vous insulter comme venait de le faire le garçon qui se trouvait à présent en face de lui. Non mais pour qu'il il se prenait celui-là ? C'était quoi son "M.XY" ? Après un nouveau « Tss », il vint se détourner du gamin et reprendre son chemin. Mais il sentait que quelque chose clochait... quant à savoir quoi, c'était une autre histoire.

Jetant un bref regard en arrière vers le gamin aux lunettes d'aviateurs, Suzaku préféra vite passer à autre chose et tandis qu'il s'en allait vers la boutique, il eut l'étrange impression d'être maudit aujourd'hui... Pourquoi ? Parce qu'il se retrouva bientôt face à un type d'une bonne tête de plus que lui, les cheveux argentés et les prunelles dorées pareilles aux siennes. En clair, Byakuya …
Tiens donc, mon oisillon préféré. Quel heureux hasard.
Parlez pour vous...
Alors, du nouveau dans la quête de ton âme soeur ?
Hm, je n'en suis pas certain.
Alors tu as enfin quelqu'un en vue ?!
Je dois vous laisser, j'ai à faire.
Bon courage mon oisillon ♥ Tâche de devenir un bel oiseau.
Mais ignorant la dernière réplique de son confrère loup, Suzaku préféra se hâter de se rendre à la boutique Asuka où on l'attendait certainement. Après avoir était interrompu deux fois dans son mouvement il espérait bien qu'on ne vienne pas l'emmerder une troisième fois et fort heureusement, il parvint finalement à franchir le seuil de la porte dans un petit tintement de clochette. Et effectivement, on attendait plus que lui. Mais tandis qu'il fit le premier pas dans la boutique, il s'arrêta à la phrase du gérant quand son regard tomba sur la personne qui allait être son élève.

Regret. Voilà qu'il s'avérait que c'était l'adolescent qui l'avait bousculé quelques minutes plus tôt et qui s'était permis de l'insulter. Fort charmant donc. Mais reprenant vite contenance, Suzaku s'avança jusque vers le comptoir et déposa la sacoche contenant son appareil photo sur celui-ci.
Je m'appelle Suzaku Tsukiyo. Saches le tout de suite, je fais exclusivement des photos au soleil couchant et sous la lune. Alors si ça te ne convient, trouves toi quelqu'un d'autre. Je ne compte pas jouer les nounous, soyons clairs.
Un peu sec et direct, il préférait encore tout mettre sur la table dès à présent plutôt que d'être obligé de s'étaler durant des lustres sur ces détails. N'attendant pas immédiatement la réponse du garçon, il s'éclipsa à l'arrière de la boutique et alla récupérer les photos qu'il avait apporté il y a quelques jours. Une fois de plus, le gérant avait fait un bien joli travail avec ses négatifs et les paysages qu'il avait photographiés ressortaient avec un éclat tout simplement sublime. Un photographe professionnel ne pouvait pas rêver de plus qu'une impression d'une qualité aussi impeccable. Regardant un instant ses clichés, il revint bientôt dans la boutique en elle-même et adressa un remerciement au gérant avant de se tourner de nouveau vers le garçon qui voulait des cours.
Bon alors, que décides-tu ? Si tu ne te sens pas capable de me suivre, ce n'est même pas la peine d'espérer avoir un cours de ma part et je n'accepterais pas d'abandon en plein milieu du travail, c'est clair ?
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Shiori & Suzuki Suo

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MessageSujet: Re: "What the fuck ?!" [Suzaku | Demi-Lune]   Mar 22 Nov - 6:07





La clochette de la porte tinta derrière moi. Curieux, je me retournai mollement mais… Mais ce ne fut pas un photographe près à me donner des cours qui franchit la porte, contrairement aux dires du gérant.

C’était un dangereux psychopathe, aux longs cheveux d’un bleu improbablement captivant et à la cicatrice en X qui le défigurait. Même malgré ça, il conservait un certain charme, voir un charme certain, mais son expression de merde lorsque nos regards se croisèrent m’ôta définitivement le moindre petit fragment d’intérêt.


    - Je m'appelle Suzaku Tsukiyo


Je ne m’attendais pas à ce qu’un monstre pareil porte un nom aussi sympa. Mais bon, je suppose que tous les parents veulent le meilleur pour leur enfant, pas vrai ?

    - Sache le tout de suite, je fais exclusivement des photos au soleil couchant et sous la lune. Alors si ça te ne convient, trouves toi quelqu'un d'autre. Je ne compte pas jouer les nounous, soyons clairs.


Et là-dessus il me dépassa comme si j’étais diaphane et disparut derrière une petite porte. Quel sal con, putain ! D’abord c’était lui le vampire, ensuite jusque là il se comportait plus que moi comme un gamin ! Je me demandais qui allait finir par devoir jouer les nounous. Après avoir profondément inspiré et expiré, je tournais mon regard le moins noir possible en de telles circonstances vers le gérant de la boutique.

    - C’est un blague ?


Il me sembla qu’il vacilla.

    - Euh… Non, jeune home

    - Monsieur. posai-je en tentant de garder mon calme. Il se trouve que, comme vous vous en doutez certainement, je ne roule pas sur l’or. En fait j’ai le choix entre des cours de photos et une nouvelle télé avant que la mienne ne tombe en poussière.


Je détestais faire le mec qui raconte sa vie, mais il se trouvait que là, j’avais besoin de planter de décor pour bien me faire comprendre.

    - Est-ce que vous croyez que supporter cet immonde connard vaille le coup de renoncer à une télévision ?!

    - Oui, sans aucun doute.


Cette fois c’était à moi de siller. Cependant je tâchais de ne pas le laisser paraître.

    - Tu sais, Mikanagi-kun, il est peut-être un peu… abrupt au premier abord, il n’en reste pas moins le meilleurs photographe que cette boutique ait connu. Peut-être même le meilleur de la ville.


Mouais… Il y avait fort à parier qu’il en profitait aussi pour faire sa petite pub. J’avais l’impression d’être tombé au milieu de cons tout en faisant partir d’une quelconque élite intellectuelle. C’est ce moment là que choisit sa Majesté Tsukiyo-sama pour reparaitre, une série de clichés à la main. Je détournai vivement la tête. Ca m’énervait, mais alors tellement, de voir qu’en effet, c’était un photographe de génie. D’une manière générale, je détestais ne pas être au moins moyen dans un domaine qui m’importait un minimum. Mais j’exécrais encore plus de devoir me fritter avec quelqu’un de meilleur que moi dans l’un de ces domaines. Or si monsieur le loup-garou-qui-ne-sort-qu’à-la-nuit-tombée ne se calmait pas rapidement, c’est ce qui risquait d’arriver. Est-ce que j’avais vraiment envie d’apprendre à me servir de façon relativement correcte de mon appareil photo ? J’avoue que l’idée de travailler là dedans m’avait effleuré l’esprit. Mais j’étais de nature plutôt réaliste, et je me doutais que je n’obtiendrais pas un niveau suffisant pour ça.

Quoi qu’il en fut, son Altesse me vrilla encore de ses yeux… dorés ? Je n’avais pas remarqué jusque là qu’ils avaient une telle couleur, ni que leur intensité était aussi captivante, mais en ce qui me concernais, ça ne valait vraiment pas l’un des regards chauds bouillants de ce cher Kyo.


    - Bon alors, que décides-tu ? Si tu ne te sens pas capable de me suivre, ce n'est même pas la peine d'espérer avoir un cours de ma part et je n'accepterais pas d'abandon en plein milieu du travail, c'est clair ?


Je décidai alors de soutenir le regard d’un mec qui définitivement me sortait par les yeux. Je sentis mes paupières s’étrécir de colère et de suspicion. J’étais très méfiant par rapport à l’expression que me donnait ce tic d’énervement, car Kyo m’avait dit que ça me rendait bandant. Aussi, juste au cas ou ce ne serait pas une simple élucubration de sa part mais un phénomène réel, je tachai de ne pas trop avoir l’air d’un renard.

Il s’était présenté. A moi d’en faire de même, n’est-ce pas ?


    - Je suis Mikanagi Tôya, je n'ai pas peur des vampires et je ne suis pas frileux. Quand au fait d'abandonner en cour de route ou pas, si t'es trop imbuvable, t'attend pas à autre chose. Tu pourras toujours venir me chercher chez moi par la peau du cul, mais avec ta tronche, le service de la protection de l'enfance aura vite fait de me croire quand je parlerais de pédophilie.


Je lui tendis ma main avec mon sourire le plus carnassier

    - Je suis enchanté de vous rencontrer.


Prend-toi ça dans les dents, connard ! Avec ça il aurait ma température. Si ça ne lui plaisait pas il pouvait toujours faire machine arrière maintenant. Mais dans le cas contraire il saurait à quoi s’en tenir. Je n’étais pas un sale morveux qui pissait encore au lit toutes les nuits. J’avais été obligé de grandir très vite. J’étais sûrement plus sérieux et responsable que nombre de mes ainés. Alors qu’on ne vienne plus jamais me traiter comme un gamin, ou me prendre de haut pour deux trois putains d’années d’écart.

Je décidai de bouger de là. Un regard circulaire dans la pièce m’indiqua une rangée de fauteuils d’attente, semblait-il, et je me dirigeai vers eux. Je posai - balançai - mon sac au hasard sur l’un d’eux et m’assis sur celui d’à-côté quand mon portable sonna. Super, maintenant tout le monde ici savait que j’écoutais Zetsubou Billy. Breeeeef. Je décrochai.


    - Ouais ?...


C’était Kyo. (Salut, beau gosse, je te dérange ?)

    - Pas vraiment, non. J’suis avec des gens, mais bon…


Je jetai un vague regard torve vers Tsukiyo - les « gens » - avant de subitement esquisser un léger sourire suite à la réplique du blond au bout du fil. (On s’en fout alors. Tu sais ce que j’ai super envie de faire ?)

    - Je te fais confiance. Tu vas me dire ça


Je baissai la voix. Autant que possible je voulais éviter qu’on m’entende quand la conversation prenait ce genre de tournure… douteuse, dirons-nous.

    - Hum… Disons que j’espère me tromper souris-je. Ah ben non, c’étais bien ce que je pensais.


Je l’écoutai, ce qui donna lieu à un blanc petit blanc

    - Moui, ou alors c’est toi qui est juste un insatisfait. (…) Ah oui ? Comme si j’allais le croire. (…) C’est à peine marqué sur ton front, mec.


Kyo se lança dans une fausse plaidoirie visant à défendre ses vertus morales. Tu palres.

    - Fais moi croire que tu penses pas qu’à ça… (…) Bon écoute… Je sais pas à quelle heure de rentre, mais…


Il me proposa de venir me chercher sur coup de fil. Je craignais qu’il ne vienne en moto, mais l’idée était plutôt tentante s’il s’avérait que je sortais de là dans plus d’une demi heure.

    - C’est bon, ça marche pour moi. Je t’appelle. Ouais, merci


Je savais parfaitement qu’il ne se déplacerait pas innocemment. Il avait une idée - et nous savons tous laquelle - derrière la tête. Mais il se trouvait que c’était loin d’être une corvée, alors… Et puis à l’idée de finir la soirée avec le blond, la perspective de rester longtemps ici, entre un gérant qui semblait vénal et un fou-furieux photophobe semblait tout de suite moins atroce.




Dernière édition par Tôya Mikanagi le Dim 15 Jan - 10:18, édité 1 fois
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Aoi Rokuro

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MessageSujet: Re: "What the fuck ?!" [Suzaku | Demi-Lune]   Mar 29 Nov - 0:26

Suzaku commençait à regretter d'avoir accepté de jouer les professeurs de photographie, il était en train de ce dire que cette idée était stupide. Enfin, ceci étant, il serait néanmoins payé pour ça et le gérant de la boutique lui proposait quelques services en échanges. De quoi y trouver son compte. Cependant, il n'était pas vraiment certain de pouvoir faire un bon photographe et tandis qu'il avait disparut dans l'arrière boutique pour récupérer ses clichés développés et prêts, il avait profitait de ces quelques minutes pour réfléchir. Oh, il avait déjà réfléchit plus ou moins à comment il allait bien pouvoir s'y prendre, mais dans le concret, il craignait que ce ne soit pas aussi simple que dans ses pensées. Et maintenant qu'il avait fait la rencontre de son futur élève, il se sentait de moins en moins motivé. Pourtant, il y avait un petit quelque chose chez ce Tôya qui le titillait, il ne savait pas trop quoi, ou disons plutôt qu'il craignait de savoir ce que c'était. Dans le doute, il se disait qu'il allait surement devoir se rendre auprès de son père démon pour en discuter – ou sinon il y avait Byakuya, mais question sentiment, il doutait fortement que celui-ci lui soit d'un réel secours. Wolfs et Lovebirds ne n'ont pas vraiment les même valeurs en ce qui concerne les amours...

De façon un peu sèche, Suzaku avait tout de même tenu à mettre tout au clair le plus rapidement possible avec cet humain, quand bien même il y avait d'infime chance pour que ses craintes s'avèrent fondées, autant s'assurer tout de suite de savoir s'il serait prêt à faire un bout de chemin sur la route de la photographie avec lui ou non. Et d'après la réponse qu'il eut, il ne pouvait que rester dans le doute. Néanmoins, un léger sourire vint naître au coin de ses lèvres : il avait du répondant et malgré qu'il se fit insulté au moins deux ou trois fois en quelques phrases, ça lui plaisait assez. Et ça le choquait presque. Tôya n'était pas vraiment dans la catégorie de personne qu'il était susceptible d'apprécier, du moins pour ce qu'il pouvait en voir au travers de ses paroles, il ne savait même pas s'il pouvait faire preuve du même intérêt que lui pour la photographie. Et pourtant, il y avait cette petite voix qui lui disait de tenter l'expérience, qu'il ne fallait pas laisser cet humain repartir sans rien faire. Lorsqu'il lui tandis la main, le lovebird eut un moment d'hésitation puis finit par la lui serrer poliment. Mais aller savoir ce qu'il allait bien pouvoir faire de lui …

Suzaku ne quitta pas sa cible des yeux tandis qu'elle venait s'installer sur un siège près de l'entrée. Il ne manqua pas alors de repérer le sac qui devait certainement contenir un appareil photo. Mais décidant de ne pas lui accorder plus d'attention que cela, il se tourna vers le gérant de la boutique et discuta l'espace de deux minutes avant qu'un portable ne sonne – pas le sien en tout cas. Tournant machinalement la tête vers la source du bruit, il ne fut pas étonné que ce soit le portable de l'humain qui ait fait ce son atroce. Lui jetant un regard désabusé, il aurait voulu détourner son attention de lui et ignorer totalement ce qu'il disait à son interlocuteur. Mais quelque chose d'étrange semblait flotter dans l'air tout d'un coup, une douce odeur qui voulait jouer avec sa libido. Serrant le poing, le lovebird essaya de se concentrer sur sa conversation avec le gérant, mais avec ses craintes qui semblait vouloir se confirmer, il avait bien du mal. Si seulement le gérant n'était pas là... non en fait, valait mieux qu'il soit là, qui sait quelle connerie il pourrait faire sinon.

Mais malgré le fait que Suzaku essayait de garder son self-control, parce qu'il avait suivit la conversation de l'humain, à l'idée même qu'il puisse avoir quelqu'un d'autre sa vie le mis hors de lui. Son instinct le fit agir avant même que ses pensées n'aient le temps de s'ordoner. Il avança d'un pas vif jusqu'à Tôya et avant qu'il n'eut le temps de raccrocher, il lui prit le portable des mains et le porta à son oreille avant de déclarer : « Désolé mais je vous l'emprunte pour ce soir. » avant de raccrocher sans attendre de réponse du mec à l'autre bout. Après ça il rendit l'appareil à son propriétaire et se tourna vers le sac laissé à l'abandon sur le siège d'à côté pour l'ouvrir et en sortir ce qu'il avait deviné qu'il y avait dedans. Il examina avec soin l'appareil photo avant de le ranger et de se tourner vers l'humain.

Je te donne rendez-vous ici, ce soir, à 19h30 pour ton premier cours, je t'apprendrais les bases qui te permettrons d'utiliser plus ou moins correctement ton appareil photo. À la suite de ce cours d'introduction, tu pourras décider si tu veux tenter l'aventure ou non. À moins que tu ne veuilles laisser tomber tout de suite ? Si tu ne viens pas, saches tout de même que je ne garantis pas de t'offrir d'autres cours.

Et puis sans rien ajouter de plus, Suzaku récupéra ses affaires au comptoir et quitta la boutique d'un pas précipité. Il ne savait pas trop ce qui lui avait pris sur le moment mais ce qui était fait était fait. Il ne lui restait plus qu'à voir si ce gamin reviendrait ou pas. En tout cas, ces cours étaient certainement sa seule chance de le revoir, bien qu'il n'était pas encore sûr que ce soit une bonne chose. Mais ne voulant pas rentrer tout de suite, il fit un détour par chez parents, saluant brièvement son père humain pour se tourner vers son père démon avec une mine grave. Il n'eut pas besoin de mot pour se faire comprendre. S'en allant un peu à l'écart et malgré que ce ne soit pas vraiment dans son genre, il lui exposa son "problème". Le jeune lovebird n'aimait pas beaucoup cette situation, mais après le drame qu'il avait vécu avec son unique ami, il ne savait pas trop comment aborder ce nouveau problème qui se posé à lui. Et dans ce cas là, sauf un autre lovebird qui avait déjà vécu ça pouvait l'aider. Ceci dit, son père – ses pères – ne lui était pas d'un grand secours, côté caractère il n'avait rien en commun avec eux, c'en était assez effrayant d'ailleurs. Mais son père semblait content qu'il soit venu vers lui, pas comme la dernière fois où il n'avait rien voulu dire...

Quand Suzaku quitta le domicile de ses parents, il ne sentait pas mieux qu'en arrivant, en fait c'était même pire vu que ses craintes étaient parfaitement fondées. Il venait de rencontrer son âme sœur... Un grand choc pour lui qui avait laissé tombé l'idée d'avoir des rapports sociaux et qui n'avait jamais vraiment cru à ce "coup de foudre" qu'ont tous les lovebirds... Et puis c'était bien beau de savoir tout ça, mais qu'allait-il bien pouvoir faire ? Ce n'est pas du tout dans son genre de draguer, il ne s'intéresse déjà à personne. C'est sous une douche un peu froide qu'il y réfléchis, mais il avait beau se ressasser ça sous plusieurs angles différents, il ne voyait vraiment pas comment il allait pouvoir se débrouiller. Et en plus, pour couronner le tout, son humain semblait déjà être en couple avec quelqu'un... Il n'avait plus qu'à se laisser mourir en somme, c'était au moins la plus facile et réalisable des options qu'il avait.

Suzaku ne mangea que peu ce soir-là avant de retourner à la boutique à l'heure qu'il avait donné. À vrai dire, il arriva même avec dix minutes d'avance, mais le fait est que chez lui ou ici, ça ne changeait rien à sa situation, il préféré encore être sûr d'être à l'heure. Mais... viendra, viendra pas ? Question fatidique. Si l'humain ne revenait pas, il n'aurait aucune chance de le revoir (à moins de demander son numéro de portable au gérant, mais, évidemment, ce n'est pas du tout dans son genre de faire ça !). Et puis s'il venait, il allait falloir qu'il gère dans leur relation... Pas gagné. Dans tout les cas, il était juste bien emmerdé.
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MessageSujet: Re: "What the fuck ?!" [Suzaku | Demi-Lune]   Mar 29 Nov - 23:53







J’allais raccrocher quand subitement, mon téléphone se mit à léviter. Il décolla fissa de mon oreille et je ne pus alors qu’assister à la scène. Tsukiyo venait de raccrocher au nez de Kyo, juste après avoir dit qu’il me gardait pour ce soir. Mon radar s’affola aussitôt. C’était exactement le genre de réplique qu’on me sortait en boîte, une façon assez élégante de m’annoncer qu’on comptait me baiser toute la nuit. Oui alors… dans ce contexte là, ça avait sur moi un effet relativement dévastateur, forcément. Mais là, maintenant, tout de suite… Ca m’avait juste fait tiquer, en fait. Tsukiyo me rendit mon portable et je laissai filer un petit « merci » d’habitude, encore légèrement en retard. J’étais on-ne-pouvait-plus surpris. Ce à quoi je venais d’assister ressemblait, en plus d’une invitation à faire autre chose que dormir, trait pour trait à une crise de jalousie. Et encore une fois, ça n’avait pas lieu d’être dans la situation actuelle. D’où mon décalage. Soit Tsukiyo était complètement dérangé, soit c’était moi qui voyais de l’attirance sexuelle partout. Et bien que la première option ne me semblait pas fausse, je considérai que la seconde était à traiter le plus rapidement possible. Nan mais c’est vrai, on a pas idée de se balader dans un état d’esprit pareil ! Il me prenait quoi, moi, d’un seul coup ?

Une minute. TOUTE LA SOIREE ?! Oh le con ! Il venait juste de foutre en l’air mes plans avec Kyo et ne me donnait à la place qu’un misérable… Un misérable quoi, d’ailleurs ? Pour quoi faire donc avait-il tellement besoin de moi ?


    - Je te donne rendez-vous ici, ce soir, à 19h30 pour ton premier cours, je t'apprendrais les bases qui te permettrons d'utiliser plus ou moins correctement ton appareil photo. À la suite de ce cours d'introduction, tu pourras décider si tu veux tenter l'aventure ou non. À moins que tu ne veuilles laisser tomber tout de suite ? Si tu ne viens pas, saches tout de même que je ne garantis pas de t'offrir d'autres cours.


Voilà qui me répondait assez clairement. Là-dessus, il récupéra ses affaires et… s’en alla ? Non sans une certaine élégance dans la démarche, voire une élégance certaine, mais qui n’annulait pas le fait qu’il venait de me planter ici avec un rendez vous pour dans un peu moins de quatre heures. Okay, pourquoi pas, hein.

A mon tour je sortis. J’avais la flemme de rentrer chez moi, j’avais pas une thune, j’étais à Shijuku… Je me dirigeai donc vers la rue des prostituées. Si on pouvait les appeler comme ça. Pour la plupart il s’agissait de travestis, mais certains étaient juste des ados paumés et sans scrupules ni honte, comme moi. Je me trouvai un coin inoccupé - très important, ça, pour éviter de devoir entrer en rixe contre un mec qui fait une tête de plus que vous talons inclus - et m’adossai contre un mur. Une voiture ne tarda pas à s’arrêter devant moi. C’était toujours un moment de tension : rentrer dans la voiture d’un potentiel violeur de putes. Il baissa sa vitre passager et me regarda de cet air de loup face à l’agneau. Je soutins son regard avec une note de suffisance cachée dans du désintérêt. Ca lui plut, visiblement, car il me fit signe d’approcher. Il était plutôt jeune. Sûrement le même âge que Tsukiyo. Wouah ! Pourquoi je pensais à lui dans un moment pareil, déjà, hein ? Il était vrai, je devais bien l’admettre, qu’il était vraiment bien foutu, et j’aurais préféré que ce soit lui dans cette putain de bagnole, qui me dévisage avec envie. Je ne sais pas, il avait quelque chose de pas clair, c’était certain, mais c’était une personne de principe, ça se voyait, et… ce n’était pas vraiment le genre qu’on croisait par ici, les personnes de principe. Avec lui au moins j’aurais été en sécurité. Le mec dans la voiture, là, même avec son air sérieux, ses lunettes et son look de riche, avait quelque chose dans le sourire, quelque chose de malsain.


    - Combien tu prends ?

    - 10 000¥ de l’heure

    - Tu t’embêtes pas, dis-moi…


Je me redressai alors, technique de fausse rétractation qui marchait à presque tout les coups.

    - Ok, ok… 20 000¥, dans ce cas.


Il me fit un clin d’œil tandis que je m’installais à l’avant, sur le siège passager. Comme je le pensais, ce mec était riche. J’attire les riches, quand je joue aux salopes, c’est incroyable.

Je vous passe les détails. On est arrivé chez lui, et comme je m’y attendais, c’était tellement grand que c’en devenait n’importe quoi. La déco était merdique et impersonnelle. On aurait limite dit mon ancienne maison. Il m’a proposé un thé, j’ai accepté - toujours accepté ce que propose le client, mais jamais l’avaler, c’est ptet drogué ou empoisonné. Il nous a donc servit le thé à tous les deux, mais il se trouve qu’il s’est assis à côté de moi sur son canapé, et on a pas vraiment eut le temps de déguster les parfums anglais.

C’est ainsi que deux heures plus tard, je me retrouvai tout seul dans un coin riche de Tokyo que j’aurais voulu ne pas connaitre, 20 000¥ dans les poches. Il me restai moins d’une heure (je ne faisais pas payer les trajet et temps de ressapage), et ce n’était pas vraiment de trop pour retourner à la boutique. Je dus crapahuter n’importe ou, chopper un métro d’une ligne inconnue, demander mon chemin… Bref, une fois à Shinjuku j’ai cherché la rue des prostituées et je me suis dirigé à partir de là. Résultat, je suis arrivé avec une bonne demi heure de retard. Je m’attendais à ce qu’il ne soit déjà plus là. En fait j’étais presque certain qu’il ne serait pas là. Il n’avait pas l’air du genre à poirauter 30 minutes pour un blanc bec comme moi. Alors pourquoi j’y allais ?...

Je venais de vendre mon corps pour deux heures à un parfait inconnu aux préservatifs aromatisés aux fruits. Je me sentais sal, comme à chaque fois. J’avais une sorte de méchant coup de blues. J’avais envie qu’il soit là, qu’il m’ai attendu pendant cette foutue demi heure, qu’il gueule quand j’arrive mais qu’il soit là. J’arrivai enfin devant la boutique.

Et il était là.

Tout comme moi, je constatai qu’il ne s’était pas changer. Il n’avait pas prit de fringues plus chaudes, un truc que je me voulais tellement de ne pas avoir fait. Le soleil commençait à peine à décliner et je sentais déjà le froid s’insinuer sous ma peau. J’y peux rien, j’ai le sang chaud. Et je crains le froid. Et je me baladais seulement vêtu d’un sweat à capuche, d’un pauvre polo rayé et de mes ptites mains pour me frotter les épaules. Je m’approchai piteusement de sa majesté, et bizarrement le vis sous un autre angle. Il me semblait subitement tellement plus intègre, tellement plus noble que moi. Moi qui profitait de mon temps libre pour me prostituer. Et le pire : je savais pertinemment à chaque fois que je recommencerais. Regardant le sol, je me mordis les lèvres.


    - Euhm… J’suis en retard, désolé. Merci d’avoir attendu








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MessageSujet: Re: "What the fuck ?!" [Suzaku | Demi-Lune]   Jeu 1 Déc - 17:04

Suzaku s'était présenté un peu en avance devant la boutique le soir venu et parce qu'il n'avait pas trop envie de rester debout le temps restant, il avait pris place sur un banc non loin de là. Il regarda alors vaguement passer la foule devant lui jusqu'à se lasser et pencher sa tête en arrière, portant ses yeux vers le ciel qui rougeoyait déjà. Au bout de dix minutes d'attente, il commença à avoir mal en coup et fut contraint de se redresser. Sur l'horloge au coin de la rue, il put lire « 19h40 » et toujours pas d'aviateur en vue. Il était en retard donc. Pour s'occuper un peu, le lovebird sortit son appareil-photo de sa sacoche et procéda à quelques réglages avant de porter son objectif vers le soleil couchant et d'en faire un futur cliché. Puis il vint prendre d'autres photos, des immeubles alentours avec leurs grands panneaux publicitaires bien lumineux et bien tape à l'oeil. Mais ce n'était décidément pas un endroit idéal pour satisfaire son esprit de photographe et il en eu vite assez. Éteignant donc son appareil, il le rangea dans son petit sac et il se mit de nouveau à attendre. 19H55. Bon, il attendrait encore cinq ou dix minutes puis après il songerait peut-être à partir. Cet humain ne voulait certainement pas de lui, s'il ne venait pas, il ne savait pas ce qu'il pourrait bien faire... Eh puis à quoi bon ? Si jamais il n'arrivait pas à le "prendre dans son filet", la seule chose qui lui arriverait, ce serait de mourir. Une chance que personne ne sache à quoi ressemble ce Tôya, il ne manquerait plus que ses pères cherche à le retrouver à sa place pour procéder à la mort rituelle alors qu'il n'y a encore rien entre eux deux.

Ramenant une jambe contre son torse et la maintenant contre lui en l'entourant de ses bras, Suzaku commença à réfléchir sérieusement à tout ça. Pourquoi il fallait que ça tombe sur lui ? Il était très bien dans sa vie monotone sans personne pour le faire chier, il n'avait pas besoin que son foutu destin d'oiseau de malheur revienne au galop en lui disant « Coucou ! C'est lui ton âme soeur ♥ ». Et puis il n'est pas un coucou mais un hibou ! C'est totalement différent. Poussant un profond soupir, il posa son front contre son genou et ferma les yeux. Pourquoi diable n'était-il pas né humain ? Ç'aurait été tellement plus simple, il n'y aurait pas toutes ses histoires démoniaques dans son passé, il n'aurait peut-être jamais rencontré son ami d'antan, certes, mais il n'aurait pas non plus fait la connaissance de Byakuya – hallelujah – et on ne l'aurait pas emmerdé dans sa quête de l'âme soeur. Il aurait fini ses jours seul, sans doute, mais ça n'aurait vraiment pas été pour lui déplaire. En l'occurrence, cette histoire lui faisait vraiment chier, puis c'est pas possible de tomber amoureux comme ça ! Son attirance pour Tôya, pure connerie, y'a pas d'amour là dedans, ses hormones de lovebird le menait vers lui, mais ça ressemblait plus à de l'attirance physique qu'à de l'amour à proprement parlé. Pour finir amoureux, il faut connaître l'autre, avoir des choses en commun et surtout bien s'entendre avec l'autre ! Dans sa situation actuelle, la bonne entente n'était pas vraiment de mise, il ne connaissait rien de lui, quant à savoir s'il on des choses en commun... l'intérêt pour la photographie ? Poussant un nouveau soupir, il tourna de nouveau son regard vers la grande horloge : 20h02. Bon, c'était clair, il n'allait pas venir.

Mais à l'instant où il finit de se lever, une tête brune avec des lunettes d'aviateur fit son apparition. Suzaku le regarda un instant, les yeux ronds. Il y avait une odeur bizarre. Malgré toute l'attention qu'il lui porta ce bref instant, il n'entendit pas un mot de ce qu'il venait de lui dire. Il avait l'odeur d'un homme sur lui. Un autre homme que lui. Serrant le poing, il s'enfonça ses ongles dans sa chair, mais ça ne l'aidait pas à retenir la colère qui bouillait en lui. Non, il fallait absolument qu'il reste calme, il n'avait pas de raison de s'énerver après tout et comme pour faire s'évaporer sa colère, il passa sa main sur son front puis dans ses cheveux avec une expression d'exaspération. À celui qui le connait, il fait toujours ce geste quand il est énervé pour éviter de laisser éclater sa colère. Bien, on respire un bon coup. Il n'y a rien entre deux après tout, non ? Alors pas besoin de faire un scandale sur le trottoir, il va gentiment lui apprendre les bases pour maîtriser son appareil photo et après, chacun rentrera chez lui, sagement. Voilà, ça se passera comme ça, il ne laissera pas sa nature lovebird prendre le pas sur sa partie humaine. Pas une mince affaire.

Bon, je vais t'emmener dans un coin en hauteur d'où on pourra prendre quelques photos. Tu as faim ? Pourquoi il posait cette question ? Il s'en fout de savoir ça !
Non. Voilà, parfait. Mais très vite, un bruit de gargouillis sortit du ventre de Tôya. À peine...
Bon, dans ce cas on va manger un peu avant de se mettre au travail, je ne voudrais pas que tu me fasse une hypoglycémie en plein milieu de la leçon.

Non mais depuis quand il s'inquiétait de la santé des autres ? Suzaku se choquait lui-même et pourtant, il le fit vraiment. Prenant sa sacoche sur l'épaule, il passa à côté de lui et se mit à marcher calmement, jetant parfois quelques coups d'oeil pour s'assurer qu'il ne le perdait pas en cours de route. Heureusement qu'ils étaient en semaine, avec le soir tombant, il y avait moins de monde dans les rues, rien à voir que les vendredis et samedi soir où il y a toujours un monde hallucinant. Il était donc plus facile de se déplacer sans se perdre de vue et bientôt, ils arrivèrent au bout de la rue et au pieds de l'horloge qu'il avait pu voir de son banc se trouvait un vendeur ambulant de gaufres. Du sucre... mouais, pas ce qu'il préfère pour sa part, mais en plus de la douce odeur qui flottait dans l'air, le lovebird sentit autre chose : il semblerait bien sue son... "âme soeur" ait envie d'une de ces pâtisseries. Haussant légèrement les épaules, il s'avança vers le petit stand et demanda deux gaufres.

Si c'est vous qui payez alors j'en prendrais une au... hm... au nutella.

Suzaku lui jeta un bref regard puis se tourna vers le vendeur qui acquiesça de la tête avant de bientôt lui tendre une gaufre nature et une au nutella qu'il vint donner à son humain avant de payer le vendeur. Bon, eh bien pour la nourriture, c'était réglé. Gardant sa gaufre en main – il ne l'a acheté que parce qu'il ne voulait pas donner l'impression qu'il n'est venu auprès du vendeur que pour acheter à manger pour Tôya. Après un bref « Allons-y. » il se remit en marche en goûtant sa gaufre. Comme il s'en doutait, ce n'était décidément pas quelque chose qu'il mangerait en temps ordinaire. Ce n'est que lorsqu'ils furent en bas d'un immeuble d'habitation qu'il se décida à donner son reste de gaufre – à savoir bien la moitié d'une gaufre – en sortant une explication vague du genre « J'ai plus faim. » pour éviter d'avouer qu'il n'aime pas ça. Rentrant dans le bâtiment, il parla brièvement au concierge qu'il connaissait vaguement et lui demanda l'autorisation d'aller sur le toit, mais cette fois-ci, accompagné d'un "élève". Il n'eut aucun mal à avoir son approbation et dès qu'il l'obtint, il fit signe à Tôya de le suivre et il grimpa à l'intérieur de l'ascenseur pour ensuite attendre qu'il soit à l'intérieur avant d'appuyer sur le bouton du dernier étage.

Une fois sortie du petit habitacle, il s'avança directement vers l'escalier et monta en haut, sortant une petit clé de sa poche pour ouvrir la porte qui donnait accès au toit. Suzaku venait souvent ici pour prendre des photos et c'était l'endroit parfait pour une première leçon. Laissant son humain passer, il referma avec soin la porte derrière lui et s'avança vers le bord pour ensuite poser son sac. L'air était un peu frais, mais la vue qu'ils avaient de Tokyo d'ici était juste magnifique, un poste d'observation idéal. Le seul petit hic dans sa situation présente, c'est que évidemment, ils étaient seuls et il craignait de faire une connerie à cause de ses putain d'hormones de lovebird. Mais zen, il fallait qu'il garde son self-control, quoiqu'il arrive. C'était pas la moment de faire fuir la personne qui lui était destinée...

Bien, nous allons faire notre première leçon. Je vais donc t'apprendre à utiliser ton appareil-photo et on commencera à prendre quelques photos nocturnes. Si tu veux, je t'apprendrais à faire les réglages pour des photos de jour, c'est un peu différent que pour celles de nuit.
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MessageSujet: Re: "What the fuck ?!" [Suzaku | Demi-Lune]   Sam 3 Déc - 23:58





Comme je le pensais, quand j’arrivai il eut l’air furieux. Mais seulement pendant une demie seconde. Il passa négligemment une main dans ses cheveux, vous savez, comme les beaux gosses le font tout le temps, et après ça il avait de nouveau son visage de marbre. Ok, cool. Ca promettait comme soirée. J’avoue que je redoutais légèrement la réplique qu’il allait m’envoyer.

    - Bon, je vais t'emmener dans un coin en hauteur d'où on pourra prendre quelques photos. Tu as faim ?

    - Non.


Du tac au tac. M’enfin il m’avait pris par surprise ! Moi je m’attendais plutôt à ce qu’il m’engueule ! Limite j’aurais préféré, en fait. Seulement mon ventre choisit ce moment pour exprimer son désaccord avec mes paroles. Quel son horrible et atrocement gênant. Je baissai imperceptiblement la tête en essayant de conserver une apparence décontractée.

    - A peine.


Oui alors… c’était raté.

    - Bon, dans ce cas on va manger un peu avant de se mettre au travail, je ne voudrais pas que tu me fasses une hypoglycémie en plein milieu de la leçon.


L’espèce de… ! La sale enflure ! L’enfoiré ! Bordel mais j’étais pas un gosse que la moindre excitation pouvait faire tomber dans les vapes, merde ! J’allais lui répliquer un truc cinglant quand… il s’est retourné et s’est barré. J’allais le tuer.

Il devait s’attendre à ce que je le suive, ce que je fis. Quand on passa devant un vendeur de gaufres, un instinct purement animal me fit m’y intéresser avec cette acuité qu’on a tous quand on voit quelque chose qu’on veut mais qu’on ne pourra pas avoir de si tôt. Sauf que Tsukiyo s’avança vers le vendeur. A la place du cerveau, j’avais une gaufre désormais, et je lâchai avec une nonchalance mal placée :


    - Si c’est vous qui payez, alors j’en prendrais une… hum… au nutella


A vous tous qui riez… je vous emmerde. C’est tout. Il me donna ma gaufre et je me laissai enivrer par l’odeur du sucre et du chocolat. Après ça je le suivis sans faire gaffe à l’endroit où nous allions, ni à l’itinéraire. J’étais concentré sur ma gaufre, et quand je l’eus terminée, Tsukiyo me fila la sienne. Pas faim, trouva-t-il comme excuse pour m’utiliser comme poubelle. J’étais tenté de la lui lancer à la gueule, mais… c’était une gaufre. Je n’en trouvai pas la force et la mangea. Je ne sortis de ma transe sucrée qu’une fois sur un toit plutôt quelconque, en entendant la voix de sa ségneurie.

    - Bien, nous allons faire notre première leçon. Je vais donc t'apprendre à utiliser ton appareil-photo et on commencera à prendre quelques photos nocturnes. Si tu veux, je t'apprendrais à faire les réglages pour des photos de jour, c'est un peu différent que pour celles de nuit.


Maintenant que j’avais mangé, je retrouvais mon mordant habituel. Je me redressai instinctivement pour défier son autorité comme je savais si bien le faire et cracha avec un sourire moqueur comme si j’étais le maitre du monde :

    - Ecout…ez, c’est bien beau de le dire, mais si on le faisait, hum ?


J’avançai et le dépassai pour me poster au bord du toit et observer la vue. C’était joli, Tokyo la nuit, mais je savais rien qu’en voyant le sujet que je ne ferais rien de bien en le photographiant. Je suppose qu’on a tous un style différent. J’étais néanmoins décidé à faire ce que me dirait Tsukiyo à la lettre, et appliquai chacune de ses moindres consignes. Mais à chaque fois, je lui lançai un regard insistant ou un sourire entendu. J’étais certain que ce mec était un pédophile essayant de se soigner, et comme mon but était de le foutre en rogne, je tentais de l’aguicher. J’étais plutôt bon à ce jeu là.

Pendant un moment ça le laissa de glace. Assez frustrante constatation. Il se contenta de me montrer ces fameux réglages, et j’écoutai attentivement, j’étais quand même là pour ça, me rappela vite fait quelques bases de photo… Après deux trois tentatives sur lesquelles il ne fit absolument rien d’autre que pester contre moi - ce qui eut le don de placer des tics d’agacement sur mon visage - un homme ouvrit la porte du toit et le demanda. Il alla papoter avec lui de choses qui ne me concernaient absolument pas et par conséquent ne m’intéressaient pas, aussi je continuai de prendre des photos de ce que je voyais en essayant d’appliquer ce que mon tortionnaire m’avait dit (« Place-toi mieux, tu n’es pas assez stable » ; « Fais tes réglages couleur et contraste » ; « Modifie ton temps de pose si c’est cet effet que tu veux rendre » ; « …Et aussi l’ouverture du diaphragme, tu vois bien que c’est surexposé comme ça »). Même en pensant à tout ça, il s’avérait que je n’étais pas doué. Aucun des épreuves que je prenais ne s’élevait plus haut que le rang d’hideuse photographie de pur amateur qui rendrait le plus grand service au monde de la photo en vendant son appareil… Enfin au moins j’en étais conscient, donc c’était pas si mal. Mais, je le répète, les vues grand angle comme ça, c’était vraiment pas mon délire. J’étais sur le point d’essayer autre chose de plus instinctif quand sa majesté revint. Il examina mes horreurs et râla encore. Je devais être un élève exaspérant. Il m’expliqua à nouveau ce qui n’allait pas (cadrage, couleur, lumière, contraste, cadrage encore, intention, capacité sémantique, esthétique…) puis se plaça derrière moi pour, selon lui, me montrer.

AH HA ! Ses instincts de pédophile reprenaient le dessus ! Tout en étant le plus attentif possible à ses explications, je m’arrangeai pour me coller un peu plus à lui qu’il ne l’avait fait lui-même. Ca n’eut absolument pas l’air de le perturber, et subitement je me mis à douter de ma capacité à charmer mon monde. Nan, c’était lui qui cachait son vice pervers derrière ses airs de glaçons psychopathe. A un moment, il parla de ma position, comme quoi -quand je prenais une photo, bien sûr - elle n’était pas bonne. BINGO. C’était exactement l’occasion qu’il me fallait. Sans me retourner complètement, je pivotai légèrement vers lui, me serrant ostensiblement contre son corps et, la tête en arrière et posée sur son épaule, je vrillai ses yeux d’or de mon regard le plus chargé de sous-entendus. Puis je m’accordai un petit sourire victorieux.


    - Et maintenant, ça va mieux ?





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MessageSujet: Re: "What the fuck ?!" [Suzaku | Demi-Lune]   Lun 5 Déc - 13:54

Suzaku n'était pas vraiment certain d'être capable de gérer convenablement la situation dans laquelle il se trouvait et ce, pour deux raisons : la première étant le fait est qu'il ne se sentait pas des plus qualifiés pour jouer les professeurs et doutait fortement d'être capable d'enseigner quoique ce soit. La deuxième était on ne peut plus spéciale ; la lune devenait pleine de nuit en nuit et influençait donc davantage un peu plus sa nature démoniaque à faire ce qu'elle devait faire, à savoir conquérir la personne qui lui était destinée. Et c'était précisément la personne à qui il était censé donner des cours, ainsi donc, il se retrouvait seul avec lui sur le toit d'un immeuble alors que la nuit était sur le point de prendre le pas sur le jour. Au levait de la lune, ses instincts démoniaques se faisaient donc de plus en plus forts et il devait lutter intérieurement pour éviter de faire une connerie et de commettre l'irréparable. Faire fuir son âme soeur équivoquerait à se suicider. Il se trouvait donc dans une situation particulièrement délicate où il était impératif qu'il garde son self-control, une tâche qui s'avérait d'autant plus compliqué que son humain avait semble-t-il décidé de jouer à titiller sa libido. Le lovebird allait devoir être prudent. Plus que d'ordinaire.

Bon, le cours de photographie en priorité. Suzaku s'appliqua à lui apprendre tout ce qu'il fallait savoir pour bien manipuler son appareil-photo, à faire les réglages correcte pour s'assurer d'avoir au rendu final un cliché de bonne qualité. Son humain ne semblait pas très à l'aise de ce côté-ci et il ne put s'empêcher de pester contre lui quand il faisait mal les choses. Plusieurs fois il montra comment faire, la position qu'il devait adopter et répétait plusieurs fois les mêmes gestes pour être certain qu'il imprime tout dans sa tête pour pouvoir être capable de les reproduire ensuite par lui-même. Les premiers essais ne furent pas très concluant, mais avec un peu de pratique, tout cela finirait bien par être mieux. En supposant qu'il y aurait d'autres cours après celui-ci, ce qui n'était pas encore certain, tout dépendait de Tôya, à savoir s'il se sentait prêt à s'investir un peu plus. De son côté, il espérait que ce soit le cas, sinon, il ne saurait pas trop quand et comment il aurait l'occasion de le "séduire" ... Il se voyait déjà bien assez mal le faire, alors si on pouvait éviter de lui compliquer davantage la tâche, cela l'arrangerait bien. Et tandis qu'il observait son humain s'exercer, la porte d'accès au toit vint s'ouvrir sur le concierge qui lui fit signe de venir. Se relevant, il posa l'espace d'une seconde sa main sur l'épaule de Tôya en lui disant que continuer seul un moment avant de venir se diriger vers l'homme qui avait semble-t-il quelque chose à lui dire.

Dîtes moi, Tsukiyo-san, ma fille va se marier le mois prochain et elle n'a pas encore trouvait de photographe. Seriez-vous d'accord pour y assister et vous occuper de cela ? Vous serez rémunéré et je vous conduirais sur le lieu du mariage si cela vous arrange.
Ce n'est pas dans mes habitudes de prendre des photos de jours et encore moins de ce genre d'évènements. Mais puisque vous avez l'amabilité de me laisser venir ici, je veux bien faire cela pour vous.
Merci beaucoup, ma fille sera ravie.

S'inclinant respectueusement, le concierge le salua une dernière fois avant de repartir. Eh bien, c'était la période de changement ou quoi ? Voilà qu'il acceptait de donner des cours et maintenant de jouer les photographes de mariage. Il devait être malade, fiévreux ou quelque chose comme ça. Lâchant un petit soupir, Suzaku finit par revenir auprès de son élève pour voir un peu comment il s'en sortait tout seul. Hum, on ne pouvait pas dire qu'il s'en était très bien sortit, la plus plupart des photos étaient ratées, certaines, il ne manquait pas grand chose pour qu'elles soient acceptables. Il commenta donc chacun de ses essais en lui expliquant ce qui n'allait pour qu'il évite ainsi de refaire les mêmes erreurs. Il ne restait plus qu'à l'aider à se placer correctement. Prenant sur lui, il se plaça donc derrière Tôya et l'aida se positionner convenablement. D'ici, il pouvait également voir l'écran de l'appareil-photo et ainsi voir par lui-même les défauts de placement et de réglages. Malgré la commodité de la position pour cette tâche, elle était également gênante dans le fait qu'il devait davantage se retenir pour ne pas faire quelque chose de déplacé ou d'indécent. Cela s'avérait plus difficile que prévu, l'humain semblait se complaire à se coller un peu plus contre lui. Il dû ainsi s'appliquer à garder son self-control pour ne pas finir par lui sauter dessus et parcourir son corps de baiser jusqu'à avoir découvert la moindre parcelle de sa peau. Mais à l'idée qu'il puisse en arriver à faire cela, il sentit un frisson remonter le long de sa colonne vertébrale.

Il était impératif pour Suzaku de ne pas penser à ce genre de chose avant qu'il ne vienne à céder à sa libido. Mais il eut le malheur de lui dire que sa potion n'était pas bonne. Le voilà qu'il était donc en train de bouger et en profiter pour se serrer un peu plus contre lui en posant sa tête contre épaule. Ne pouvant éviter son regard, il commençait à sentir que les choses risquaient de déraper à tout moment. Il eut le besoin impératif de s'éloigner de lui, ne serait-ce qu'un peu, mais le regard que Tôya lui avait jeté avait déjà fait son effet, à savoir enflammer sa libido démoniaque. Il passa sur son ôté, évitant au possible de croiser de nouveau son regard et vint l'aider à se repositionner convenablement, mais à l'instant même où il eu le malheur de croiser de nouveau son regard, face à tant de provocation, il ne pouvait plus tenir. D'un geste rapide, il prit l'appareil-photo de ses mains et le posa au sol avant de le plaquer contre celui-ci, plongeant son regard dans le sien. S'il n'avait pas une once de bons sens, il sentait qu'il aurait déjà été capable de le mettre à nu pour assouvir ses pulsions de démon.

Tu devrais éviter de me provoquer de la sorte... Tu ne sais pas à quoi tu te frotte.

Avec la pleine lune qui approchait, il était fortement déconseiller de jouer avec la libido d'un démon, à moins d'être prêt à se retrouver dans une position des plus délicate. Bien sûr, Suzaku n'avait pas directement qu'il n'était pas humain et il ne songerait surement pas à cela non plus – les démons ne sont pas censés exister après tout. Ses mains placées de par et d'autres de la tête de Tôya, il était incapable de se soustraire à son regard et le lovebird en lui lui criait de faire quelque chose, s'éloigner ou l'embrasser, mais il devait faire quelque chose et vite. Sa raison aurait certainement opté pour la première possibilité, mais son corps semblait subitement lourd et il ne parvenait pas à bouger de là. En fait, c'était même pire que cela, inexorablement, son visage commençait à se rapprocher du sien, il avait une envie prenante de goûter ses lèvres, ne serait-ce qu'une seconde, ne serait-ce qu'une fois, juste un peu. Comme s'il était fiévreux, son visage commença à prendre une légère teinte de rouge, mais alors qu'il n'était plus qu'à quelques centimètre des lèvres de son humain, quelque chose se mit à vibrer dans la poche latérale de son pantalon avant qu'une mélodie ne commence à être jouée. Serrant les poings de frustration, Suzaku se redressa d'un seul coup et se releva pour s'éloigner de lui avant de sortir son portable et de décrocher.

Quoi ?! Oui, il était de mauvaise humeur du coup, mais il devait avouer que cet appel l'avait aussi sauvé dans un certain sens. Un blanc s'était installer après son unique mot prononcé. À l'autre bout du fil, c'était son père démon, il avait l'air chamboulé et ses propos n'était pas très cohérent. Et puis finalement, il parvint à lui annoncer enfin ce pourquoi il avait ressentit la nécessité de le couper dans ses affaires. Comment ça père a fait une attaque ?! Il allait bien cette après-midi encore ! C'était impossible qu'il ai pu se sentir aussi mal en si peu de temps, c'était une blague qui lui faisait, de très mauvais goût même. Mais son père démon semblait on ne peut plus sérieux. À quel hôpital vous êtes ?J'arrive tout de suite, tiens moi au courant si tu as des nouvelles entre temps. Et il raccrocha.

L'air morose, Suzaku garda un instant son portable entre les mains avant de finalement le ranger et récupérer ses affaires. Préoccuper par l'état de santé de son père humain, il en avait presque oublié celui qui était avec lui actuellement et qu'il avait bien failli embrasser à peine quelque minutes plus tôt. Se tournant vers lui comme s'il avait vu un fantôme, il fallait qu'il réfléchisse quoi faire de lui et de quand il pourrait se revoir pour finir cette leçon. Avec la pleine lune dans quelques jours à peine, cela n'allait pas être une mince affaire. Sortant vite fait un bout de papier de sa sacoche, il griffonna son numéro de portable à la va vite avant de lui le lui donner.

La leçon est finie pour aujourd'hui, j'ai des affaires urgentes à régler. Je ne serais pas sur Tokyo dans les prochains jours et vu ton niveau actuel, tu ne serait pas capable de profiter du paysage pour prendre de belles photos, ça ne vaudrait même pas le coup que je t'emmène. Voici mon numéro de portable, je serais de nouveau disponible pour tes leçons environs trois jours après la pleine lune, donc contacte moi quand tu voudras qu'on finisse cette leçon. En attendant, rentre chez toi et exerces toi tout seul d'ici là.

Même s'il comptait prendre des photographie durant ses petits jours de "congés", il était évident que si Suzaku allait s'absenter, ce serait avant tout à cause de la pleine lune. Il ne manquerait plus qu'il fasse la connerie de rester ici et de partir en quête de son humain parce qu'il serait désormais incapable de contrôler sa libido et le désir de le prendre sur place qui lui brûle les reins. Et puis à cet instant, le plus important, c'était de retrouver ses pères à l'hôpital, au diable ses pulsions démoniaque, il n'avait pas le temps d'y penser. Il laissa donc Tôya en plan sur ce toit et dévala les escaliers. Il ne prit même pas la peine de grimper dans l'ascenseur, trop lent, en moins de deux, il était dans le hall et passa en coup de vent devant le concierge incrédule. Il lui fallait faire vite pour attraper le prochain train qui l'emmènerait auprès de sa famille.
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